RDC : Sans application du budget programme, le séminaire du gouvernement Sama Lukonde demeure ’’de la poudre aux yeux’’.

Le président de la République Démocratique du Congo Félix Tshisekedi a lancé le jeudi 22 juillet 2021 le tout premier séminaire de trois jours du gouvernement Sama Lukonde sur le renforcement des capacités des ministres en orientant l’action de l’exécutif nationale sous le thème : « Créer une dynamique de changement par la culture de l’excellence et la gestion axée sur les résultats ».

RDC : Sans application du budget programme, le séminaire du gouvernement Sama Lukonde demeure ’’de la poudre aux yeux’’.
RDC : Sans application du budget programme, le séminaire du gouvernement Sama Lukonde demeure ’’de la poudre aux yeux’’.

Selon John ZYOMBO, Expert en finances publiques, CEO et fondateur de Makini 4 Budget qui est une organisation nationale œuvrant dans le domaine des finances publiques pour la performance de l’Etat et qui prône la socialisation de débat sur les questions des finances publiques en RDC ; estime que les intentions du gouvernement des Warriors sont bonnes sur le plan de la forme à en croire la note du Premier Ministre qui évoque quatre objectifs visés par ces travaux à  savoir : Susciter une cohésion gouvernementale autour de la vision du Chef de l’État et des priorités programmatiques pour sa concrétisation; Créer une dynamique de gouvernance publique qui repose sur la culture de la performance ; offrir l’opportunité de s’inscrire individuellement et collectivement dans le processus de changement de mentalités; échanger sur les défis et les opportunités de développement en vue de répondre « rapidement » aux attentes de la population. Dans cette perspective, l’application du budget programme reste la condition indispensable pour une gestion des finances publiques axée sur le résultat. Sur le plan de fond, les intentions des Warriors restent populistes. Il est illusoire de prétendre atteindre les attentes de la population sur fond d’une la gestion opaque des finances publiques.

Selon cet expert en finances publiques, c’est depuis juillet 2011 que la RDC s’était dotée de la loi relative aux finances publiques pour répondre aux exigences de la constitution du pays qui prône la décentralisation financière et les bonnes pratiques internationales dans la gestion des deniers publics (la gestion axée sur le résultat, la transparence, la redevabilité, la participation citoyenne, …). Cette loi devrait entrer en vigueur en 2019 pour permettre à la RDC de migrer de la gestion de moyen à celle axée sur le résultat, mais hélas, par un moratoire sollicité, ce passage a été différé de cinq ans pour intervenir en janvier 2024.

Devant cette situation, le pays gère les finances publiques en s’appuyant sur deux lois : - la loi financière de 87 (inadaptée au contexte actuel de la décentralisation financière) et la Lofip de 2011 (adaptée et non appliquée). Hors c’est cette la loi de 2011 qui renforce la performance dans la gestion pour atteindre les résultats escomptés de développement, d’où l’application du budget programme reste indispensable. Car même pour la mise sur pied du plan national stratégique de développement (PNSD) cela passe aussi bien par l’application du budget programme.

John ZYOMBO constate qu’il y a déjà des avancées comme préalables pour appliquer la gestion axée sur le résultat : Il s’agit de l’élaboration des guides des Projets Annuels de Performance (PAP) et des Rapports Annuels de Performance (RAP), et du dialogue de gestion ; la nomenclature budgétaire et l’élaboration d’un budget modèle ; du Plan National Stratégique de Développement (PNSD).

Il faut juste une dose de volonté politique, à la place des bonnes intentions et promesses