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Saturday, 25 June 2022
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RDC: «le contrôle des minerais est à la base de la résurgence du M23 et de l’opération conjointe FARDC-UPDF» (Rapport GEC)

RDC: «le contrôle des minerais est à la base de la résurgence du M23 et de l’opération conjointe FARDC-UPDF» (Rapport GEC)

Le Groupe d’étude sur le Congo (GEC) de l’Université de New York et son partenaire de recherche Ebuteli ont dans leur rapport publié le mardi 14 juin , indiqué que le contrôle des minerais congolais serait à la base de la résurgence du M23 et du lancement de l’opération conjointe FARDC-UPDF.

 

D’après le rapport consulté par KUETTU 24, l’opération militaire conjointe entre la RDC et l’Ouganda visait vraisemblablement à protéger les gisements de pétrole et les infrastructures de l’Ouganda autour du lac Albert, et à construire des routes pour développer un marché pour les exportations ougandaises.

 

«Tant le gouvernement ougandais que des entreprises privées tirent profit des opérations militaires. Elles permettent à Dott Services, une entreprise de construction ougandaise, et à Total Energies, une compagnie pétrolière française, de promouvoir leurs intérêts. Le président Yoweri Museveni a fait du commerce et du pétrole la pierre angulaire de sa stratégie économique et politique : avec une population jeune qui augmente rapidement et une popularité déclinante, la croissance économique est essentielle pour son gouvernement», lit-on dans ce rapport.

 

Par ailleurs, GEC et Ebuteli expliquent que l’intervention ougandaise a eu des répercussions géopolitiques de grande ampleur. C’est ainsi que l’opération a irrité le Rwanda et a été l’une des raisons de la réapparition de la rébellion du M23.

 

La RDC et l’Ouganda sont liés par des accords devant aboutir à la construction et la modernisation de 1.182 kilomètres de réseau routier principal reliant les deux pays.

 

La première étape concerne 223 kilomètres de routes prioritaires pour un coût estimé à 335 millions USD. Trois parties se sont engagées à financer cette première étape. L’Ouganda et la RDC contribueraient à hauteur de 20% chacun et Dott Services, l’entreprise de mise en œuvre va couvrir les 60% restants (201 millions USD). Kampala a déjà autorisé le décaissement de 66 millions, alors que Kinshasa ne s’est toujours pas prononcé sur les premiers décaissements alors que le projet a été officiellement lancé en juin 2021 par Yoweri Museveni et Félix Tshisekedi.

 

Selon le même rapport, Dott Services avait signé un contrat avec la société minière publique congolaise Sakima, par lequel elle a acquis des sites miniers d’importance stratégique dans la province du Maniema, riches en étain, tantale et tungstène, ainsi qu’en or. 

 

«Pour ce faire, elle a créé la coentreprise Punia Kasese Mining (PKM), dont elle détient 70% des parts. Les 30% restants appartiennent à la société minière publique congolaise Sakima. Le contrat prévoit également la création d’une usine de traitement de minerais et de métaux précieux permettant à la coentreprise de lancer des projets d’infrastructures dans la région, ainsi que la réhabilitation et le développement d’actifs hydroélectriques », détaille ce même rapport.

 

Le Rwanda s’est montré également actif dans le secteur minier en RDC. Kinshasa et Kigali ont signé en juin 2021, une série de contrats miniers. Il y a notamment l’accord signé entre les présidents des deux pays, stipulant que l’or produit par Sakima sera raffiné au Rwanda par la société locale relativement inconnue Dither Ltd. Dither et Sakima ont également signé un autre contrat qui dit que Dither fournira un financement pour «le début des opérations minières», ajoutent GEC et Ebuteli.

Rédaction

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